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04/04/2016

Une jeunesse sans repère

Si j'analyse ce qui se passe autour de moi, avec les jeunes que je côtoie et que je le compare à mon vécu, je dois reconnaître que les mondes que nous vivons se sont éloignés.

Pourtant j'ai vécu avant eux l'aventure informatique, je fais partie de ceux qui passaient leurs nuits avec Alice de Matra dont on enregistrait les programmes sur cassette audio, avec Atari et ses 32 bits, qui était le Mac des pauvres, puis avec tous les 8086 et autres OS. J'ai dépensé une fortune  en ordis pour mon boulot. La Conception Assistée par Ordinateur  consomme des ressources. L'Education Nationale à prôné le dé...brouillez-vous pendant des années.  Ceci nous a mis dans une situation de crainte de se faire larguer et de course (de vitesse) en avant à l'équipement.

Puis la téléphonie moderne est arrivée. Nos enfants sont mieux équipés que nous en Smartphones dès lors que l'on à quelques sous de disponibles. Souvent les parents récupèrent le portable du gamin qui change pour le dernier à la mode. Le cadeau de Noël est imposé : le dernier portable. Nouvelle dictature avec laquelle on ne discute pas ... non plus. Pourtant certains jeunes fauchés arborent aussi des "machines à téléphoner", mais ce sont des coques vides d'abonnement internet, parfois sans l'ombre d'un abonnement basique, juste pour paraître. Les téléphones ont envahi les classes. Les élèves utilisent au moins une fois par jour leur portable en classe. Pour beaucoup c'est une addiction. La chasse à l'utilisation interdite de ces bestioles lumineuses et silencieuses en cours, peut prendre une énergie considérable à tous les enseignants. Leur confiscation est devenue problématique tant la valeur des objets est importante, sans parler de celle des abonnements auxquels ils sont enchaînés. Alors qu'en font-t-ils ? Ils jouent dès qu'ils peuvent. Ils franchissent des "stages", des "levels". Leur univers est virtuel. Leurs yeux sont rivés vers le bas, vers le petit écran. Même à la  récréation, le groupe d'amis est un groupe de "consultant de Smartphone" juxtaposés.

Le travail personnel est inexistant. Les programmes ne sont plus adaptés au niveau affiché. Les jeunes qui ont pris conscience qu'ils n'y arriveront pas sont devant une réalité à gérer. Mais ils sont bien jeunes pour cette lourde tâche et leurs parents bien peu informés de ce qui se passe. Alors pour ceux qui lâchent le morceau l'horizon se présente d'une façon pas très nette, les comportements en classe sont peu convaincants et quand le virus de l'absentéisme s'installe, c'est la catastrophe. Certes les vies scolaires informent rapidement les parents. Pour eux aussi au début, c'est l'incompréhension. Mais ils ont rarement des leviers.

Les dérives sont là toutes proches.

Les études aussi.

Nous devons leur proposer une éducation qui les concerne. Il est facile de répertorier tout ce qui ne les intéresse pas. Nous revenons dans une société où la débrouille a beaucoup trop de poids. Toutes les réformes essentielles sont cassées. Nous agissons comme de grands enfants que nous ne sommes plus. Laissons ce rôle aux nôtres. Nous avons fait bien peu de cas de leur avenir ces dernières trente-cinq années. S'indigner ne suffit plus.

Et peut-être faudra-t-il trente-cinq ans de plus pour que notre jeunesse retrouve sa fierté.

Bonne lecture

Jean Charles Olivan