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28/05/2010

Les pêcheurs, les rameurs et les décideurs.

acb_22mai041.jpgMercredi, 13h30. J’arrive devant le portail de l’avenue de Sérignan, à la Base nautique pour l’entraînement hebdomadaire. Les rameurs sont là, à l’heure comme prévu. C’est un entraînement un peu particulier : dimanche il y a la régate de Beaucaire. Nous y serons représentés en nombre important. Les minimes y passeront leur aviron d’or en faisant une course en ligne de 900m.

Tout le monde part en skiff acb_22mai061.jpgsauf les deux séniores qui s’embarquent en deux de couple. Les embarquements se succèdent à un bon rythme. Le hors-bord ronronne sur l’eau prêt à intervenir en cas de problème.

Deux hollandais arrivent et souhaitent s’inscrire au club, forts de leurs trente ans d’expérience. Je leur propose un double canoë et les voilà partis avec les autres en amoureux… de la nature…

C’est en les accompagnant au ponton que les séniores m’interpellent. Elles reviennent de la Plantade où les choses se sont envenimées avec quelques pêcheurs. Elles se sont fait insulter et menacer  par un jeune et une adulte (qui pourrait être sa mère). Ils se sont mis à essayer de les accrocher avec leur lancer de cuillère fort heureusement imprécis. Mais vous pouvez vous imaginer ce que cela peut donner si les fous furieux de service atteignent leur but !

Les consignes données aux rameurs vont toujours dans le sens du respect des pêcheurs. Nous passons au large de la berge dans le sens de circulation. L’Orb au pied de la cathédrale est tout de même étroit. Même en s’écartant un peu, on n’est jamais bien loin. Et il faut toujours veiller à laisser le passage pour ceux qui circulent dans l’autre sens.

Je me suis rendu au pied du moulin Cordier en suivant les minimes et j’ai moi aussi accroché des lignes qui traversaient le bassin. Il est difficicle de faire autrement, tant les appats sontposés près de l'autre berge. Méfiant j’ai eu le temps de mettre mon moteur au point mort pour éviter les dégâts. Le pêcheur était  mécontent mais semblait disposé au dialogue ; je me suis approché, ai libéré ses lignes et lui ai expliqué que nos jeunes s’entraînaient pour les championnats et que les passages allaient se répéter jusqu’à 16h30.

Si ça continue, me dit le monsieur, je vais aller chercher un fusil et ce sera vite réglé. J’ai essayé de le calmer, cela n’a pas été facile. Il m’a expliqué qu’il payait plus de quatre-vingt euros sa carte de pêche… Je lui ai répondu que nos rameurs payaient bien plus cher leur cotisation.

Alors je vais aller voir Elie Aboud et Raymond Couderc, me menace-t-il. Je lui ai rappelé que c’est le Sénateur Maire qui nous à proposé la Base Nautique dans ce bief et que nous ne passions pas notre temps sur l’eau puisque nos entraînements étaient programmés de façon stricte hebdomadairement.

J’avais repris la main sur la « conversation » lorsque le jeune pêcheur de rameuses s’est pointé. Je lui ai servi un couplet « police-menottes-prison » qui semblait suffisamment cohérent pour qu’il n’en rajoute pas une couche. Je leur ai promis que nous passerions un peu plus au large mais qu’il fallait de leur coté rester moins ambitieux dans leur lancers.

Rentré à l’embarcadère je me retrouve avec deux autres pêcheurs qui jouent de leur lancer en circulant sur les berges de l'Orb. Posés et curieux des manœuvres de débarquement des jeunes, ils ont eu le privilège de voir un de nos cadets goûter à la fraîcheur de l’Orb. La moindre consigne transgressée envoie dans l’eau l’auteur de la faute. Comme c’était au bord du ponton, je n’ai pas eu besoin d’aller le repêcher. Il s’est hissé tout seul sur le ponton fixe. Dans la bataille il y a perdu tout de même son téléphone portable.

J’ai interpellé par la suite les deux pêcheurs pour leur raconter les mésaventures de la Plantade. La discussion est restée sereine. Ils m’ont expliqué que parfois le pêcheur a préparé son poste de pêche depuis quelques heures. Il attend patiemment que le poisson vienne dans le calme. Il a parfois mis très longtemps pour accéder à son poste à pied à travers les passages difficiles. Tous ses efforts s’effondrent lorsqu’une dizaine de bateaux passent et repassent, rompant le calme indispensable à leur projet. Je ne vous parle pas du trouble que je crée avec le hors-bord.

Cependant, me disent-ils, les horaires des entraînements sont précis et l’Orb est très long. On peut aussi aller pêcher ailleurs pendant les quelques heures où vous vous entraînez.

Sur ces bons mots ils me saluent et poursuivent leur route.

Bonne lecture

Jean-Charles Olivan

 

 

 

22:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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