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30/04/2010

Education : les priorités ibériques

J’ai demandé à assister à un cours de dessin technique. C’est le directeur de l’établissement qui est chargé de ce cours. Les élèves s’attèlent à la cotation d’une pièce venant d’on ne sait où et servant à on ne sait quoi. C’est bien le programme qui demande ça. Tout est conforme.

C’est tout à fait ce qu’il nous est énergiquement recommandé de ne pas faire par notre inspection.

Ils partent du principe que le dessin assisté par ordinateur s’acquiert très rapidement et qu’il n’est pas urgent de mettre les élèves là dedans. Ils le feront à l’université. L’urgence est de leur apprendre à lire et dessiner un plan. Ce que ne savent plus faire les nôtres.

Nos deux pays ont des visions de l’éducation assez éloignées par de nombreux points.

Ce matin le directeur m’a expliqué le fonctionnement du système d’enseignement espagnol.

L’emploi du temps est typique de l’heure espagnole. Début des cours à 8h30. Trois séquences de 55 mn puis à 11h15 une récréation de 30mn qui permet à chacun « de tomar un pincho »(prendre une petite collation, un encas, une tapa, ou simplement un sandwich). Trois autres séquences de 55mn conduisent notre petit monde à la fin de la journée scolaire et au repas de la mi-journée. Il est 14h30. Ils sont chez eux vers 15h00. Seuls les élèves bilingues ont quelques heures de cours entre 16 et 17h00.

Les enfants sont scolarisés à 3, 4 et 5 ans, puis rentrent en primaire de la 1° à la 6°qu’ils atteignent donc à 11ans.(Ils ne sont pas comme nous en compte à rebours). Les voila en collège à 12 ans pour une scolarisation obligatoire de 4 ans dont la dénomination est 1°ESO(Enseignement Scolaire  Obligatoire), 2° ESO … 4° ESO. Les IES (Institut d’Enseignement Secondaire) accueillent les 3° et 4° années. Ils ont 15 ans en fin de cycle. A 16 ans ils attaquent le bac au lycée .

Deux ans de préparation sont nécessaires. La 1° Bachillerato et la 2° Bachillerato.

Le système donne une part importante au contrôle en cours de formation. Il compte pour 60%.

Les « signaturas »à obtenir sont choisies par les élèves. La dernière année, hors la Langue(Espagnol), l’Histoire ou la Philosophie, la Langue étrangère qui sont obligatoires, ils choisissent une option entre le Dessin, la Chimie, la Physique, les Mathématiques, et la Technologie. Tout ceci est coefficient 0,1. C’est là aussi une grande différence avec notre système d’évaluation. Toutes les matières ont le même coef. Tout ceci est noté sur 10 pts. Reste à passer une sélectivité pour les études à l’université car le bac lui-même n’est pas un passeport. Ils ont trois matières Math, Physique et Dessin. Celles-ci sont coef 0,2 et on garde les deux meilleures notes. On peut tirer de ces épreuves 4 pts.( ex. : 10/10 X 0,2 deux fois).

Ces 14 points(maxi) que l’on récupère en examen de fin d’année valent pour 40%. Les 60% restants proviennent des 15 signatures du CCF.

En conclusion, des horaires non abrutissants, un contrôle en cours de formation à 60% et des élèves qui peuvent zigzaguer autour de certaines options pour finir par ne plus faire de maths en dernière année.

La deuxième heure m’a conduit avec les terminales, option technologie.

Un cours avec cinq élèves. Des interventions permanentes et « maltapropos ». La collègue exige un très lointain silence qu’elle n’obtiendra jamais. Voilà un cours un peu pénible. Ils en ont aussi même à faible effectif. Pourtant, elle retiendra qu’ils ont quand même pas mal travaillé, les cinq candidats bacheliers option technologie de Luarca.

On a parlé retraite à la salle des profs. Il est question de mettre à la « Juvilation » les profs allant sur les 60 ans qui atteindraient virtuellement le quota d’annuités à 65 ans s’ils travaillaient jusque là.

Une voie à contresens de ce qui ce fait un peu par tout.

Les salaires sont différents dans chaque académie. Les basques sont les mieux lotis. Les asturiens apprécient leur qualité de vie.

L’après-midi a été consacré à une visite d’usine. Un entrepreneur qui s’est équipé de tours numériques et d’un centre d’usinage numérique. Le patronemploie 6 ouvriers spécialisés. 3 sont au chômage technique. Il répond aux commandes avec une grande réactivité. Il résout les problèmes au fur et à mesure. Il est un bon sous-traitant.

Bonne lecture

Jean-Charles Olivan

00:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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