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13.06.2008

De l'école au début de la galère.

Un jeudi pas comme les autres aujourd'hui. Nous recevions avec la proviseure adjointe et la conseillère principale d'éducation, les trois élèves en rupture de scolarité, accompagnés de leurs géniteurs. Ces élèves ont tout d'un coup lâché prise. Plus de cours, plus de travail scolaire, plus de notes. Alors, tout naturellement au dernier conseil de classe cela ne passe plus. Le conseil propose le redoublement ou la réorientation à ces jeunes sans projet et qui ont déjà 18 ans ou qui les feront dans les semaines qui viennent.
Pour la plupart, ils ont une réponse toute faite à tout type de question : je ne sais pas. Alors l'entretien consiste à les mettre en confiance pour essayer de savoir, ce qu'ils auraient voulu faire, le pourquoi de l'abandon, les faire parler, tout simplement. Non pas que l'on n'ait pas eu des entretiens en cours d'année, avec eux, avec leurs parents, avec l'équipe du Centre d'Information et d'Orientation, mais ceux-ci n'ont pas permis d'éviter le catastrophique printemps. Les parents sont abattus, ils ne comprennent pas.
Pourtant votre fils ne venait pas au lycée, leur affirmons-nous. Que faisait-il?
La réponse des parents est consternante : "il partait tous les matins au lycée".
Mais vous avec reçu les avis d'absence et le sur le bulletin trimestriel il y a bien le cumul des absences.
Silence dans les rangs.
Que faisiez vous lorsque vous n'étiez ni en cours ni chez vous?
Je vais en ville toute la journée et j'y retrouve de jeunes comme moi qui n'ont plus envie d'aller à l'école.
Les parents sont atterrés.
Certains disent à demi-mot qu'ils voudraient faire un BEP plutôt que de redoubler la première.
Malheureusement les délais sont dépassés. L'informatique est intraitable. Plus de sortie de ce coté-là. Seul espoir, qu'il y ait des défections à la rentrée.

Les parents sont d'autant plus catastrophés que le gamin à fait ces études-là pour leur faire plaisir. De force parfois.
C'est ma vie, nous a dit l'un d'eux, et j'en dispose comme je veux.

Une formation par alternance sera sans doute ce que l'on pourra souhaiter de mieux à ces jeunes qui ont été injoignables pendant quelques mois.
Mais le système est plus souple, ils peuvent tous passer en terminale, forcer le passage comme nous le disons dans notre jargon, et ils peuvent aussi redoubler. Le passage de force en terminale peut ressembler dans certains cas à une évacuation par le haut. Deux ans en terminale et sortie sans rien pour affronter la vie active.

Pour les autres, cela se présente plutôt bien. Un bac, un BTS et du travail.

Le débat est ouvert, mais il faut le faire entrer dans les familles et le sortir de l'Education Nationale. Que faire pour permettre aux élèves qui se sont trompés de voie de choisir un autre chemin sans perdre une année. Pourquoi ne pas faire un bilan au bout de deux ou trois mois afin de déceler les erreurs ?

Vendredi est réservé pour Alain Helley à Sérignan.

Bonne lecture

Jean-Charles Olivan.